Ainsi commence l’amour, ma petite,
par une peur
timide, tremblante, presque douce
celle qui retient le souffle
et fait battre le cœur trop fort.
Puis vient l’habitude,
celle des mots du matin,
des silences partagés,
des gestes qu’on devine
avant qu’ils ne naissent.
Et sans qu’on s’en rende compte,
l’attachement s’enracine,
ardent, profond, brûlant —
comme une flamme
qui refuse de mourir.
Ainsi commence l’amour, ma petite,
par des pleurs en pleine nuit,
des émotions sans nom,
des sensations qui chavirent le cœur,
et, encore, des pleurs.
Ainsi commence l’amour, ma petite,
par le sentiment d’être trahie,
sans savoir par qui, ni pourquoi,
par l’attachement
d’une enfant à sa poupée,
par une envie indéfinissable —
celle de fuir, de tout oublier,
et pourtant vouloir rester,
anéantie, fragile,
vulnérable comme au premier jour.
Oui…
ainsi commence l’amour, ma petite.
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